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Conférence: 1968 – 2018 : Vers une société sans père ?

Saint Thomas d’Aquin disait qu’après Dieu, l’homme est au plus haut point débiteur à l’égard de ses parents et de sa patrie. Il n’est donc guère étonnant que la modernité – après avoir liquidé Dieu le Père avec les philosophes modernes du soupçon et décapité le père de la patrie, le Roi, avec la Révolution française – s’en prenne maintenant à la figure tutélaire du pater familias, du père de famille.

 

Tel était l’objet de la conférence organisée ce vendredi 23 novembre à Paris par la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, sur le thème : « 1968-2018 : vers une société sans pères ? ». Avec comme intervenants : le P. Louis-Marie de Blignières, fondateur et prieur de la Fraternité et auteur de Le courage de la paternité ; et Patrick Buisson, journaliste politique et historien, auteur d’un ouvrage sur la présidence Sarkozy et l’effondrement de la droite politique, La cause du peuple.

 

« Debout les hommes ! » Tel pourrait être le mot de cette soirée-conférence. Les deux intervenants ont en effet lancé un appel au courage et à la force.

 

Le P. Louis-Marie de Blignières nous a invité à vénérer notre histoire et nos pères et, en bon homme de Dieu, à avoir le désir ardent de servir. Pur produit de Mai 68 et des philosophies de la déconstruction, « la société festive enfante le désespoir pour tous ». C’est oublier que l’homme n’est pas une machine auto-construite dont la finalité est de consommer et de jouir sans entraves. L’homme est un être éminemment métaphysique. Devant le relativisme ambiant, le P. de Blignières, thomiste convaincu, en appelle à un retour des certitudes et au réalisme philosophique. Retour à notre triple héritage : la « rigueur des Grecs », le « droit des romains » et « l’amour des chrétiens ». Loin de tout découragement et de tout désespoir, l’appel lancé par le P. de Blignières est un « sursaut d’amour et de solidarité pour les humbles », c’est-à-dire ceux qui ont été privés des trésors de leur histoire et de leur identité.

 

Patrick Buisson s’est davantage consacré à établir le diagnostic des effets de Mai 68. De l’époque des Lumières à la PMA en passant par le divorce, Buisson a analysé la révolution anthropologique qui a conduit à la crise que nous connaissons. Jusqu’à notre rapport à l’enfant, devenu une marchandise comme une autre et dont on peut disposer comme on veut avec la pilule et l’avortement. Si la jeunesse est autant touchée par le suicide, la drogue et les anti-dépresseurs, c’est bien que notre société va mal. Et si notre société va mal, dit Buisson, c’est qu’elle a détruit toutes les formes d’autorité en prenant pour cible celui qui en était naturellement porteur : le père.

 

Les deux hommes s’accordent ainsi sur un même constat : Mai 68 n’a pas honoré ses promesses mais a conduit à la dépression. Il est temps maintenant d’oser dire non, de cesser « d’avoir la trouille » et d’avoir le courage d’être des hommes. C’est au final un appel à la virilité !

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