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Réflexions après ces mouvements populaires du dimanche 11 janvier 2015

Le 17 janvier 2015

Reflexions

Vous connaissez tous, je pense, cette Magnifique définition de la Révolution que nous trouvons dans l’œuvre de Mgr Gaume.:

« Si, arrachant son masque, vous lui demandez qui es–tu ? Elle vous dira :

« Je ne suis pas ce que l’on croit. Beaucoup parle de moi et bien peu me connaissent. Je ne suis ni le carbonarisme…, ni l’émeute, ni le changement de la monarchie en république, ni la substitution d’une dynastie à une autre,  ni le trouble momentané de l’ordre public. Je ne suis ni le hurlement des jacobins, ni les fureurs de la Montagne ni le combat des barricades, ni le pillage, ni l’incendie, ni la loi agraire ni la guillotine, ni les noyades. Je ne suis ni Marrat, ni Robespierre, ni Babeuf, ni Mazzini, ni Kossuth. Ces hommes sont mes fils, ils ne sont pas moi. Ces choses sont mes œuvres, elles ne sont pas moi. Ces hommes et ces choses sont des faits passagers et moi je suis un état permanent.

Je suis la haine de tout ordre que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi et Dieu tout ensemble. Je suis la proclamation des droits de l’homme sans souci des droits de Dieu. Je suis la fondation de l’état religieux et social sur la volonté de l’homme au lieu de la volonté de Dieu. Je suis Dieu  détrôné et l’homme à sa place (l’homme devenant à lui-même sa fin). Voilà pourquoi je m’appelle Révolution, c’est-à-dire renversement ».

Et voilà pourquoi nous assistons, depuis 1789 et depuis, toujours d’avantage, en France et dans l’univers, à une véritable sédition, i.e. à un total bouleversement du régime social issu des principes Evangéliques. Cette sédition se déroule aujourd’hui sous nos yeux, plus que jamais et avec une intensité jamais égalée.

La  Révolution cherchent, en conséquence, à corrompre les mœurs, à saper les bases de la société civile, à les ébranler et si elle pouvait arriver jusque-là, à les détruire de fond en comble. Elle cherche de tout son pouvoir à effacer les droits divins et humains, Elle « n’ouvre sa bouche que pour vomir contre Dieu ses blasphèmes. Voilà ce qu’elle a voulu faire acclamer dimanche dernier dans les rue de Paris. Pour elle, n’ayant ni  foi ni loi, seule la raison indépendante  de Dieu a des droits. Ni Dieu. Ni Maître.

Ainsi  son principe comme son but c’est d’ éliminer le christianisme tout entier de la société politique et d’y substituer les droits de l’homme sans Dieu qui ne sont que l’expression de la volonté général et donc variables et mutables à l’infini selon la pression des « puissances d’argent » et nullement fondés dans la nature humaine créée par Dieu. De ces droits et de cette nature humaine immuable et stable, l’esprit révolutionnaire n’en veut pas.

Et contre cette négation, se dresse aujourd’hui toute une élite chrétienne – ce n’est pas sans  surprendre cet esprit révolutionnaire. « N’aurions-nous  pas encore assez pourri la jeunesse, se demande-t-il, dans nos écoles laïques. C’est à croire !

Ainsi, MBCF, la Révolution c’est le Christ refoulé au fond de la conscience individuelle, banni de tout ce qui est public, de tout ce qui est social ; banni de l’Etat qui ne cherche plus dans son autorité la consécration de la sienne propre. Autrefois on disait : Toute autorité vient de Dieu. Aujourd’hui toute autorité vient du peuple, du nombre. La Révolution c’est le Christ banni des lois, dont sa loi n’est plus la règle souveraine. La Révolution c’est le Christ banni de la famille ; banni de l’école ; banni de partout. C’est la nation chrétienne débaptisée, répudiant sa foi historique, traditionnelle.

La Révolution c’est tout un monde qui s’édifie en dehors de Dieu, un monde sans Dieu. C’est une législation sans Dieu. C’est enfin une fameuse déclaration des « droits de l’homme » sans Dieu.

Et alors la critique fondamentale que nous adressons à la Déclaration des Droits de l’homme de 1789  - qui est la Religion du monde moderne – est celle-ci : nous la rejetons parce qu’elle fonde les droits de l’homme sur la volonté humaine, et  ne reconnait plus  la souveraineté de Dieu…Dieu n’est plus qu’une opinion facultative.
Voilà notre critique. Critique essentielle.

Les droits de l’homme ont-ils leur principe « dans la nature humaine créés par Dieu ou seulement en l’homme et dans sa seule volonté libre ? Telle est la question fondamentale. La contestation sur le fondement des droits de l’homme est une contestation capitale. Elle est trop facilement endormie, écrivait Jean Madiran.

Ainsi pour la doctrine révolutionnaire, la volonté humaine, libre de toute contrainte, de toute norme, sinon celles qu’elle a librement choisies, est au principe de tout. Elle est maitresse de tout. Elle est la règle ultime de toutes choses. Elle a seule des droits. Il n’existe d’autorité que celle qui nait de la seule volonté ou du « suffrage universel », expression de mon bon vouloir. Loin de fonder les droits de l’homme sur la volonté divine et la nature humaine  créé par Dieu, la philosophie des droits de l’homme les fonde sur l’arbitraire humain, sur la seule liberté humaine. La liberté est alors le principe suprême et même unique de la vie individuelle et collective. Cette philosophie commet l’erreur de ne pas reconnaître sa juste place au  principe de l’autorité divine, au principe de la loi naturelle qui n’est rien d’autre que le reflet de la sagesse divine.

 On comprend par la que la déclaration maçonnique de 1789 est ainsi directement dirigée contre la religion catholique. Michelet eut tout à fait raison de la désigner comme le « credo du nouvel âge », c’est-à-dire destiné à prendre la place du « Je crois en Dieu ». La liberté de 1789 est celle de « ni Dieu ni maître ». La seule morale, la seule religion éventuellement admissible désormais et cela de plus en plus, est celle dont chaque conscience, dans sa créativité souveraine se forge une idée subjective, valable seulement pour elle-même. On nomme aussi cela l’anti-dogmatisme.

C’est ainsi que sont corrodées, nous dit Jean Madiran, les autorités morales et religieuses : l’autorité du Créateur sur ses créatures, d’une loi morale universelle et irréformable, d’une Eglise divinement instituée…La loi morale peut survivre pareillement si elle ne prétend pas davantage à l’objectivité et à l’universalité, si elle renonce à son caractère d’obligation reçue et si elle n’est plus que l’expression d’une conscience ne légiférant que pour elle-même. Plus rien ne s’impose à l’homme, plus rien ne lui est imposé d’en haut ; ce qui lui est imposé désormais, et cette fois sans condition ni rémission, ce sont les décrets qui se présentent comme l’émanation du suffrage universel. Contre eux aucun recours.

La Révolution, c’est la liberté affirmée comme une idéologie. Dès lors sont exclues radicalement toutes les légitimités qui prétendent se fonder sur autre chose que le suffrage universel ou la volonté générale. La déclaration des droits de l’homme sans Dieu c’est la confiscation de toute légitimité par le suffrage universel

On touche là à l’essentielle de la pensée révolutionnaire. Qui le comprend à tout compris. Qui ne comprend pas cela passe à côté et ne participera jamais à ce que Jean Madiran appelait : « l’école contre-révolutionnaire ».

Mais fonder la Déclaration des droits de l’homme sur aucun fondement divin et immuable, c’est en affirmer la faiblesse et c’est exposer l’homme finalement à toutes les dictatures et totalitarismes.

Comme il a raison Jean-Paul II de déclarer en décembre 1980 aux évêques  brésiliens : « Les droits de l’homme n’ont de vigueur que là où sont respectés les droits imprescriptibles de Dieu et l’engagement à l’égard des premiers est illusoires, inefficaces et peu durable s’ils se réalisent en marge ou au mépris des seconds ». Et à Munich, le 3 mai 1987, il répétait : « on entend beaucoup parler, aujourd’hui, des droits de l’homme. Mais on ne parle pas des droits de Dieu. Droits de l’homme et droits de Dieu sont étroitement liés, et là où Dieu et sa loi ne sont pas respectés, l’homme non plus ne peut faire prévaloir ses droits(…) Les droits de Dieu et les droits de l’homme sont respectés ensemble ou sont violés ensemble (…) Il s’agit de donner à Dieu ce qui appartient à Dieu. Ce n’est qu’alors que sera donné à l’homme ce qui appartient à l’homme ».

C’est pourquoi la Révolution ne se dresse pas seulement contre Dieu mais aussi, finalement et ultimement contre l’homme lui-même.

C’est le combat ultime d’aujourd’hui.
Jean Madiran l’avait déjà bien noté. Ce sont peut-être ses dernières paroles que l’on trouve dans son dernier livre publié de son vivant « Dialogues du pavillon bleu » :

« C’est que nous vivons quelque chose de beaucoup plus profond qu’une crise politique, intellectuelle ou morale ; de plus profond qu’une crise de civilisation. Nous vivons ce que Péguy voyait naître et qu’il nommait une « décréation ». Dans l’évolution actuelle du monde, on aperçoit la domination à demi souterraine d’une haine atroce et générale, une haine de la nation, une haine de la famille, une haine du mariage, une haine de l’homme racheté, une haine de la nature créée. La signature devient plus lisible que jamais. Il appartient aux autorités temporelles et aux autorités spirituelles de la dénoncer. Leur carence empêche les peuples de la voir. » (Dialogues du pavillon bleu ; p. 149)

J’aurai ainsi fait mon devoir !

 

 

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